Français
Université de Bordeaux
NeuroDev18-20 May, 2022
 

Eric Lemonnier

CHU Limoges, France

Titre (Talk in french)

TSA : un dépistage dès les premiers jours de vie est-il envisageable ?

Abstract

De nombreux arguments, anatomopathologiques, biologiques, génétiques plaident en faveur d’une origine in utero des TSA. Les TSA naissent TSA ou naissent potentiellement TSA.

D’autre part nous savons que plus nos prises en charge sont précoces, plus on améliore le pronostic de nos patients TSA.

Si en pratique courante le diagnostic est posé entre 2 et 5 ans, de nombreux travaux (cliniques, biologiques, d’électrophysiologies, d’eye tracking, des données de la grossesse) permettraient soit d’avancer l’âge du diagnostic, soit de repérer les enfants à risque de TSA.

En 2014 la région du Limousin a mis en place le centre expert autisme, qui avait pour mission de diagnostiquer l’ensemble des enfants TSA de moins de 6 ans, puis de leur proposer une prise en charge précoce. Ceci nous a permis de diagnostiqué 1,23% des enfants nés en 2012-2013 au chu de limoges (63 enfants).

Nous avons fait une étude rétrospective comparant les données de la grossesse de notre population clinique à celle d’un groupe témoin, 3 témoins pour chaque patient, apparié par l’âge de la mère, le terme et la parité.

L’analyse statistique a reposé sur une machine learning (L'algorithme de classification est "Xgboost" qui est une implémentation des "boosted decision trees"), elle nous a permis d'extraire 25 paramètres pertinents, par exemple : le sexe,  la présentation céphalique plus précoce, une différence de température entre J0 et J1, une perte de poids entre J0 et J1, et des données échographiques (périmètre crânien, abdominal, ventricule latéral, fémur, longueur cranio-caudal, cervelet). L’analyse de ces données nous indique que  96% des enfants témoins sont détectés correctement et 41% des enfants autistes sont détectés correctement. Nous avons également retrouvé que 38% des enfants autistes ont un périmètre crânien plus important dès le deuxième trimestre, ce qui pourrait permettre de proposer un sous-groupe de patients.

Ce premier travail doit être confirmé en élargissant la population dans plusieurs centres avant d’entreprendre une étude prospective, seule susceptible de nous offrir un dépistage précoce.


Biosketch

Eric Lemonnier est praticien hospitalier, diplômé en médecine et en psychiatrie à Paris, chef de clinique en pédopsychiatrie à Brest. Il a obtenu une HDR en 2010.

Durant mes années d’internat à Paris, il a été président de l’ISNIH, membre du conseil supérieur des hôpitaux (1990, 1991, 1992), membre de la Commission nationale du concours de l’internat (1990, 1991, 1992), membre de la Commission de répartition de psychiatrie à la DRASS de Paris (1989, 1990, 1991, 1992), représentant de la France au Permanent Working Group of European junior hospital doctors (P.W.G.) et représentant du P.W.G. auprès du Comité Permanent des Médecins de la Communauté Européenne (C.P.) de 1992 à 1994.

Il a dirigé le CRA de Bretagne-Pays de Loire de 2000 à 2005 puis de Bretagne de 2005 à 2013. De 2013 à 2014, il était en charge de la consultation de recherche clinique en psychopathologie au CHU de Brest. D’octobre 2014 à juin 2019, il était responsable du centre expert autisme du limousin au CHU de Limoges et depuis il est directeur médical du centre ressources autisme du limousin. Il a depuis de nombreuses années développé une activité de recherche clinique centrée sur la question des TSA depuis 2000. Il est sollicité depuis 2016 pour expertiser des projets de recherches dans le cadre des demandes PHRC et pour des publications scientifiques.

Ses travaux ont fait l’objet de plus de 50 publications dans des revues à comité de lecture.



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